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Jours d’elle (37-2017)

dimanche 17 septembre 2017, par Fleur de carotte

Lundi

Elle
trou dans la nuit
nuits étoilées de vide à remplir
on se lève
la maison rafraîchie
on lit un peu
on passe le temps
elle
remonte près d’il qui la reprend par la taille.

il
ride son front
n’adhère plus au brouillard du lundi matin
ne sait pas passer du coq à l"âne
du bureau
elle
l’envoie paître
parce que pas besoin de stress en plus du sang qui coule d’elle
de cette impression que le corps s’étouffe
veut tenir la semaine chargée et ne pas mourir
des fois aimerait en finir et rentrer chez elle.

Mardi

Il et elle
côte à côte à l’arrêt de car
chaque matin
piquets tout droits
silencieux
Enfoncés dans leur mutisme
l’un prés de l’autre
sacs sur dos lourds
matins après matins
ploient
englués dans pensées
peut-être mots d’amour
en eux
peut-être films
dans leur têtes
en couleur
ou peut-être rien
sauf dans la mienne fleur bleue
entre
il et elle

« J’m’en vas t’amener où c’est silence
...Y’a plein d’affaires qu’on dira pas
Y’en a toujours qu’on dit jamais »

Fred pelerin « Silence »

Mercredi

Il
énorme
à terre comme les canettes
de bière
elle
change de trottoir
elle sait que rien ne sert
de tenter conversation
dans l’etat avec
il

Elle
fatigue
de réunions en réunions
avec ses petites flaques de sang s’écoulant en creux
voudrait précipiter l’intervention
pour laisser le corps et la tête respirer un peu

Elle
vient d’apercevoir
ce qu’il
sera vieux
le masque sur son visage
aimerait plus voir l’espérance
pour continuer de l’aimer encore
s’accroche au regard
d’il

Jeudi

Elle
tente d’ être performante
s’épuise
attend adossée à la voiture
cligne les yeux au soleil
les épaules lourdes
avec tout ce poid du jour
Il
apparaît
lève les bras vers le ciel
son corps fait ressort
la fatigue s’efface
en elle

Vendredi

Il
les a regardé en passant
force des deux ils agressifs
il
s’est arrêté pour les affronter
quoi, quoi, k’est ce t’as ?
quoi, je t’ai r’gardé moi ?
J’ai même pas vu ta tête bouffon !
T’as quel âge ? 14 ans ?
J’vous prends tous les 2, moi !
L’autre s’interpose.
On se calme.
Il
repart
les autres ricanent.
Un peu tremblants
sûrement.

Ne jamais croiser les regards
entre
ils.

Samedi

Elles
belles
de leur beauté toute intérieure
qui ressort par les yeux et le corps
elles
la vie devant
elles
c’elle
qui vieillit
mais qui croit encore à sa force
Juste
il faut qu’elle réorganise son corps
et sa tête.

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