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Jours d’elle-été 2017

dimanche 17 septembre 2017, par Fleur de carotte

Jour 1

elle
rentre du travail reprise
journée pleine et morne sans soleil ni chaleur passe le temps comme elle peut
raconte sa journée avec les mains à besoin de dire à
il
peut-être
agressé par le flot le trop plein s’énerve contre
elle
pose les choses dit qu’il ne faut pas recommencer ces affaires là
entre elle et
il
ne supporte pas dit ce qu’elle ne dit pas
mots insensés comme
elle travaille et il pas
il prend son sac et s’en va
elle
se redit comme mantra qu’elle
libre de tout ça.

elle
Pas insensible pas victime
pas féministe pas slogans
ni Marie-Chantal manif poussette devant
pas militante
humaine seulement
se bat contre érosion du vivant
l’aigreur la peur du moment

Jour 2

il
s’est fait son dernier fix
sirène ambulance
et tremblements
devant la plage
elle
passe s’arrête bord de rivière
baigne ses pieds et lit poème sur les cailloux
elle
cherche carnet pour prendre notes
ne trouve rien de bien
tombe en arrêt devant boutique de fabrication papier reliure dorée
entre et ressort avec atelier d’écriture sous le bras

Jour 3

Il
peau parchemin
couture de tous côtés
les yeux au creux désespèrent
Jasmin des prairie vertes
ou l’envolée d’un grand brûlé
elle
marche en braillant
les pieds dans chaussures trouées
veut prendre le pâté pour le chien
d’il
est sortit de prison
plus besoin d’aller le voir là bas en stop avec le chien

Elle
attend quelque chose de demain
elle ne sait pas quoi
un virage
elle reste au milieu de son aura
à contempler la course des nuages
une étoile c’est fragile

Jour 4

ainsi soit-il
rien
nada
une voix
lointaine
je voudrais réparer mes ailes
ignorer les ils

Jour 5

Elle
derrière
et devant
sur le même asphalte
dans le même soleil matinal
jusqu’au même point de chute
Il
est une voix
un peu mystère
regard tourné vers l’horizon
dans son imaginaire à
elle

Nuit

elle
part en couilles
se délite
besoin de retrouver son île

Jour 6

elle
tente
de remettre pot en terre
de retrouver racines
de regarder possible
il

Jour 7

elle
ne peut écrire sur le finir
mais sur le manque
oui

le manque
C’est un combat.

C’est une respiration en trois temps
respire expire glang
respire expire glang.

Se lever chaque matin comme entamer un chemin de haute montagne en étant sûre qu’on ne verra pas le sommet ni aujourd’hui ni même demain ni même les jours suivants.

C’est un creux au milieu de la poitrine
un vide
on a beau essayé de le combler avec du compliqué
des divertissements variés
des corps de la bière du shit des conversations sur l’état du monde
on y revient inexorablement
par moment on s’accroche à la lune une étoile un mot un souffle d’air.

On a beau blinder son agenda de rendez-vous
au bout du compte on est ko.
Si on laisse la moindre chance au temps de s’écouler lentement c’est le naufrage assuré.
On est en souffrance dès qu’il faut monter en voiture
non pas par la chaleur la moiteur la suffocation d’un été lourd
mais juste la route et ces tracés blancs qui sont autant de pièges inévitables aux pensées déviantes à la mélancolie.
On évite les chansons à la radio on s’accroche au plus sûr : France inter France culture France info.
On tente de s’intéresser aux sujets politiques scientifiques à la chanteuse d’opéra qui s’époumone en allemand ou en italien et de temps en temps on a le chance de tomber sur une émission sur Springsteen ou Lavillier
ça nous fait oublier

Oublier
c’est le mot
le mot idoine
oublier
ce qui nous manque
.

Jour 25

Elle
assise dans une flaque
de sang
regarde le monde passer
tente d’éponger
d’éponger au plus vite
pour vivre au mieux
au milieu
d’elles et d’ils

Jour 27

Elle
a pris le temps de regarder les chiffres en milligrammes
la faiblesse de l’hémoglobine
se sent fragile

Elles
transfusent
l’une après l’autre
comme sur tour de garde
les yeux au loin
et le sang goutte
à goutte
au dedans
d’elle

ils
la préparent
bras en croix
regard tendu vers le plafond en aluminium
pense au mot curetage
se sent partir et trouve ça terrible
terrible et naturel à la fois
avant de sombrer
pense à ces ils.

Elle
repense aux cris des mouettes
Au goût salé de la mer sur sa langue
Elle
se dit qu’un jour
aimerait être loin
longtemps
seule avec il.

Elle
pense que jamais

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